Ma volonté est que mes dessins,mes estampes, mes bibelots, mes livres enfin les choses d'art qui ont fait le bonheur de ma vie, n'aient pas la froide tombe d'un musée, et le regard béte du passant indifférent, et je demande qu'elles soient toutes éparpillées sous les coups de marteaux du commissaire priseur et que la jouissance que m'a procurée l'acquisition de chacune d'elles, soit redonnée, pour chacune d'elles, à un héritier de mes goûts. EDMOND DE GONCOURT

Edmond et Jules

Edmond et Jules

Edmond de Goncourt par Nadar

Edmond de Goncourt par Nadar

dimanche 20 janvier 2008

Les obsèques d'Edmond de Goncourt

Dans la nuit du jeudi 16 juillet 1896, à Champrosay, chez ses amis Daudet où il était arrivé le samedi précédent, Edmond de Goncourt succombait, âgé de soixante-quatorze ans, à une congestion pulmonaire. le corps était ramené le lendemain à son logis parisien, 67 boulevard de Montmorency et, après un service religieux célébré en l'église Notre-Dame-d'Auteuil, transporté le lundi 20 juillet au cimetière Montmartre où reposait déjà depuis le 22 juin 1870, Jules de Goncourt.
Par un témoin qui nous raconta souvent la longue marche du corbillard, sous un soleil accablant, entre Auteuil et le cimetière, nous savons quel était, dans le cortège, le motif principal des conversations.
Alors, nous racontait ce témoins, que l'on passait dans les rues qui, par un heureux hommage, portaient les noms d'écrivains dont les Goncourt furent les émules et devinrent les Pairs : Théophile Gauthier, Georges Sand, on parlait surtout des dispositions testamentaires prises par le défunt et de son legs un peu raillé parce qu'il semblait instituer à l'encontre de l'Académie concurrente.
Ces dispositions testamentaires, elles étaient connues en partie et commentées dans les milieux littéraires depuis déjà plus de vingt ans; mais l'avant-veille seulement, elles s'étaient, pour quelques-uns, précisées et avaient pris un caractère officiel.
A Champrosay, le 18 juillet, Me Duplan notaire, avait lu à Alphonse Daudet et Léon Hennique légataires universels et exécuteurs testamentaires, le testament d'Edmond de Goncourt.
La lecture ne durera pas moins de trois-quarts d'heure tant les dispositions prises par le défunt s'efforçaient de tout prévoir.
On savait donc qu'une vente, soigneusement étudié, allait disperser les fameuses collections du logis d'Auteuil et, qu'à part différents petits legs, le produit total de la somme ainsi réalisée, serait affecté à une rente qui permettrait la création d'une Académie.
On savait aussi que huit sur dix des "académiciens " étaient désignés par le testament : Alphonse Daudet, J-K.Huysmans, Octave Mirbeau, Rosny aîné, Rosny jeune, Léon Hennique, Paul Margueritte, , Gustave Geffroy.....




Chronique de l'Académie Goncourt par Léon Deffoux 1929 page 1 à 4

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