Ma volonté est que mes dessins,mes estampes, mes bibelots, mes livres enfin les choses d'art qui ont fait le bonheur de ma vie, n'aient pas la froide tombe d'un musée, et le regard béte du passant indifférent, et je demande qu'elles soient toutes éparpillées sous les coups de marteaux du commissaire priseur et que la jouissance que m'a procurée l'acquisition de chacune d'elles, soit redonnée, pour chacune d'elles, à un héritier de mes goûts. EDMOND DE GONCOURT

Edmond et Jules

Edmond et Jules

Edmond de Goncourt par Nadar

Edmond de Goncourt par Nadar

vendredi 18 avril 2008

Extrait de l'article "Les portraits des Goncourt" par Christian Galantaris sur le "Magazine Littéraire " de septembre 1989


Nadar a aussi photographié ses amis vers 1856. Ceux-ci avaient moins de raison que quiconque d'éprouver une gêne devant l'objectif et pourtant ils ont l'air bizarre. Assis côte à côte ils affichent une expression butée, sournoise et ennuyée comme s'ils venaient de subir une contrariété. pour un peu cette prise de vue justifierait les paroles de Jules Troubat heureusement démentie par d'autres: "Le plus jeune était impertinent, l'aîné présomptueux, et ils n'étaient amusants ni l'un ni l'autre". Nadar a encore donné une image d'Edmond dans la force de l'âge, et là, il a mis génialement en pratique sa théorie photographique: Intelligence morale du sujet, tact rapide qui vous met en communion avec le modèle et vous permet de donner non pas banalement et au hasard une indifférente reproduction plastique...mais la ressemblance la plus familière, la plus favorable, la ressemblance intime". Le modèle rigoureusement de face, une cigarette à la main gauche, le coude posé sur un in-folio du XVII ème siècle, scrute avec acuité l'opérateur. C'est le regard du grand témoin des moeurs de son siècle.

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